Fonds François-Henri Le Vaou
La Société d’Histoire a récemment reçu un témoignage et des photographies inédites d’un marin du Yang-Tsé.
Il s’agit d’archives familiales concernant François-Henri Le Vaou, né en 1910 à Plouguiel (Côtes-d’Armor). Orphelin de guerre, pupille de la Nation et confronté à une enfance difficile, il quitte à 14 ans sa vie de garçon vacher pour embarquer comme mousse dans la marine marchande. En 1932, il rejoint la marine militaire et est affecté en Chine sur la canonnière Doudart de Lagrée, naviguant sur le Yang-Tsé.
Dans ce cadre unique, François-Henri découvre la Chine des années 1930, où les grandes puissances rivalisent pour le contrôle des voies fluviales stratégiques. Ce témoignage, accompagné de photos d'époque, nous révèle des scènes de vie fascinantes : des haleurs de jonques aux rapides tumultueux du fleuve, en passant par les promenades dans la périphérie de Chongqing et les interactions avec les coolies chinois, travailleurs respectés par François-Henri pour leur force et leur résilience.
Ce marin breton se distingue aussi par son rôle d’infirmier, une profession qu’il exerce avec passion. Il rencontra par la suite le Dr. Albert Gervais, un médecin français qui avait œuvré dans le Sichuan. Ses récits évoquent également les rencontres marquantes avec des missionnaires français, parfois devenus « chinois de cœur », et des épisodes historiques comme le passage des troupes de Tchang Kaï-chek.
Après trois ans à bord, il quitte la Chine, ramenant avec lui des souvenirs impérissables et une statuette de sage chinois, témoignage d'une fascination pour cette culture millénaire.
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