Connaissez-vous vraiment Xujiahui ?

De Histoire de Chine

Rédigé par David Maurizot

Il était une fois… Paul Xu, né à Shanghai, mandarin à la cité impériale de Pékin.

Paul Xu

Paul Xu est le premier lettré chinois à se convertir au catholicisme. À sa mort, en 1633, son corps fut « rapatrié » à Shanghai et enterré à la chinoise : sous un monticule.

Sa tombe, et celle de sa famille, est toujours visible dans un parc au sud de la cathédrale : le Parc Guangqi – de son nom chinois : Xu Guangqi.

Un village catholique

Au fil du temps, un village de convertis se forma aux alentours du monument funéraire de la famille Xu, à l’endroit où convergeaient deux canaux – au niveau du grand carrefour routier actuel, au pied du Grand Gateway.

La « famille Xu » se dit « Xu Jia » en chinois (徐家), et la convergence (de canaux) se dit « Hui » (汇). Xu Jia + Hui = Xujiahui ! Ainsi naquit le lieu-dit Xujiahui.

Il y a une centaine d’années, on parlait également de Zikawei : il s’agit de la transcription en shanghaïen.

Une mission jésuite

En 1840, des missionnaires jésuites français, heureux de trouver une communauté catholique établie et des terrains à disposition, s’y installent et fondent alors la première mission jésuite en Chine.

Année après année, leur domaine grandit : écoles, orphelinats, hôpital, imprimerie (pour diffuser la bible en chinois avant tout), mais aussi un observatoire, une bibliothèque, et surtout – à l’époque – la plus grande cathédrale d’Extrême-Orient.

Construite en 1910, nous pouvons encore la contempler aujourd’hui. Elle ne se nomme pas Saint Ignace par hasard : Ignace de Loyola, mort en 1556, est le fondateur de l’ordre jésuite.

L’observatoire, lui, faisait autorité dans toute la région : relié par télégraphe à un sémaphore maritime, il donnait la météo et le détail des marées aux navires. Le bâtiment de l’observatoire est toujours là, au sud de la Cathédrale. Le sémaphore, lui, est encore sur le Bund au débouché de la Yan’an Road.

La bibliothèque des jésuites, quant à elle, est toujours au nord de la cathédrale à la sortie d’une bouche de métro. Il s’agissait d’un véritable joyaux : 80.000 volumes en langues européennes, 120.000 en chinois. Sa mission : permettre aux missionnaires d’atteindre une connaissance parfaite de l’Occident et de l’Orient. Un instrument intellectuel pour mieux convertir la Chine.

Pour en savoir plus

Afin de préserver la mémoire de ces lieux, le district de Xuhui a mis en place des plaques, des panneaux de signalisation, un parcours au sol, et un bureau de renseignement juste à côté de la Cathédrale.

N’hésitez pas à vous y rendre : une partie des bâtiments, témoins de ce passé oublié, ont été préservés – non loin des immenses « shopping malls » que nous connaissons si bien.