Il était une fois... un ghetto juif à Shanghai

De Histoire de Chine

Rédigé par David Maurizot

Entre 1937 et 1941, Shanghai fut l’une des rares villes ouvertes aux réfugiés juifs. Près de 30 000 d’entre eux, fuyant les persécutions en Europe, purent y trouver asile.

Des familles juives locales et leurs associations s’occupèrent de les accueillir, mais dénués de tout, ceux-ci finirent par s’installer dans ce qui était alors la zone la plus pauvre de la ville : Hongkou.

Le « Schindler chinois » : Ho Feng Shan

Ho Feng Shan

Entre 1938 et 1940, Ho Feng Shan, un diplomate chinois en poste à Vienne accorda, contrairement aux ordres de sa hiérarchie, des milliers de visas à des Juifs autrichiens et allemands, leur permettant de quitter l’Europe – et ainsi d’éviter l’holocauste.

En 2001, le mémorial de Yad Vashem lui décerna, de façon posthume, le titre de « Juste parmi les nations ».

Le Ghetto de Shanghai

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En 1942, sous la pression de leurs alliés nazis, les Japonais décident de regrouper à Hongkou tous les « réfugiés apatrides » dans une zone délimitée d’environ 1,5km².

La surpopulation, le rationnement, la restriction des déplacements entraînent des conditions de vie et d’hygiène déplorables, mais le « ghetto » ne fut jamais clôturé et la population chinoise, vivant dans des conditions tout aussi mauvaises, ne quitta pas la zone.

À partir d’août 1945, avec la fin de la Guerre, les réfugiés juifs de Shanghai purent enfin émigrer de façon permanente, pour la plupart d’entre eux en Israël ou aux Etats-Unis.

Le Musée des Réfugiés juifs de Shanghai

Musée des réfugiés juifs de Shanghai

Une synagogue qui était au cœur du ghetto abrite maintenant un musée dédié à ces réfugiés. Objets d’époque, photos, films permettent de redécouvrir cette page d’histoire de Shanghai. Ce musée est ouvert tous les jours de 9h à 16h30.

Adresse : 62 Changyang Road, Hongkou (en chinois : 虹口区长阳路62号)